Bordeaux/Belcier. La première
église du millénaire en Aquitaine, actuellement en
construction sera un bâtiment résolument contemporain
C’est comme ça, depuis que l’on
construit des églises. « On utilise les techniques
les plus pointues, on fait le meilleur travail. Tout ça pour
la gloire de Dieu » explique Denis Boulanger, l’architecte
de la nouvelle église St Jean de Belcier. Voilà
pourquoi le nouveau clocher du lieu de culte, posé il y a
quelque jours est une pièce unique. C’est la première
innovation visible sur le chantier de reconstruction de la nouvelle
église St Jean de Belcier, détruite par un incendie en
2004. Il mesure plus de 16 mètres de haut et il se compose de
12 plaques épaisse de 78 cm faites en matériaux
composites.
Il a fallu huit mois pour effectuer les recherches, les
calculs sophistiqués et surtout faire accepter ce projet
innovant au Centre Scientifique et Techn

iques du Bâtiments
(CSTB). Les matériaux composite dont il est conçu sont
encore très rarement utilisés dans l’architecture. Mais
ils le rendent imputrescible, inaltérable et inoxydable. Vert
translucide et totalement creux, il surplombe la place Ferdinand
Buisson, coeur du quartier Belcier, en faisant face à ses
éternels platanes.
Il a été pensé pour
être un lien entre le ciel et la terre. « L’Esprit
Saint est associé au vent dans la tradition catholique »
précise Denis Boulanger. Grâce à son orientation
et à sa coupe supérieure en biseau, son entrée à
l’intérieur de l’église sera donc facilité. Il
permettra aussi de recevoir les eaux de pluies qui seront recueillis
dans des fonts baptismaux situé à l’intérieur du
clocher. Par temps froid, ils pourront être déplacés
à l’intérieur de l’église, et des portes
fermeront le baptistaire.
Nature et nanotechnologie
Sur les parois externes du clocher, on
voit des herbes couchées par le vent. « Il s’agit
d’une thématique centrale de cette église »
précise l’architecte. Sur les futures grilles, à
l’entrée de l’église on retrouvera des motifs
similaires. Et même le sol de l’église sera conçu
avec de l’herbe, puisqu’il sera construit en bambou. Le seul type
d’herbe assez solide pour en faire un plancher. Ce dernier sera
éclairé par des « canons de lumières »
qui feront office de vitraux.
Il s’agira de lames de verres colorées
ou blanches qui apporteront la clarté du jour à
l’intérieur de la nef. Les 14 panneaux qui composeront le
chemin de croix seront réalisés tout comme le clocher
en matériaux composites. Il s’agira de dessins modernes
réalisés par l’artiste Thierry Cavard. A l’extérieur,
les murs seront lazurés avec une peinture nanotechnologique.
Elle sera incrusté de grains de micas à l’échelle
nanométrique qui permettront aux murs de changer de couleurs
selon la lumière. D’un aspect nacré, la couleur des
murs oscillera entre le vert et le rosé. De plus, cette
peinture est anti-graffiti.
Incrustation de mémoire
Dans ce foisonnement de création
moderne viendront prendre place des éléments de
l’ancienne église qui ont pu être sauver. La
construction de la porte d’entrée sera en partie réaliser
avec des poutres noircies lors de l’incendie. L’autel ainsi qu’un
Christ en croix seront intégré à la nef qui
pourra accueillir 132 personnes. Ces deux éléments ne
seront volontairement pas restaurés.
Pourtant toutes ces
innovations architecturales ne sont pas le plus important pour
Jean-Yves Robert le prêtre de la paroisse qui officiera bientôt
dans la nouvelle église. « C’est bien de construire
des églises, mais ce dont a besoin l’Eglise c’est de
construire des personnes » annonce-t-il, tout en espérant
que ce nouveaux lieu permettra de « ramener du monde »
et de « faciliter les rencontres ». Et le
prêtre d’ajouter « Même si les gens n’y mette
la pied, c’est un signe fort dans un quartier, un signe de
rassemblement. » Les travaux devrait être terminé
d’ici Pâques 2009, ils coûteront 720 000 euros.
Légende :
Du haut de ses 16 m le clocher de la
future église St Jean de Belcier fait face au platanes de la
place Ferdinand Buisson